Trop Space n’a pas de grosses prétentions. Ce blog fondé par deux anciens étudiants en géographie à Tours se donne pour vocation d’accueillir toutes les informations intéressantes, marrantes, insolites glanées sur internet autour de thématiques spatiales. Si le ton est parfois décalé, il ne s’agit en aucun cas d’évacuer les questions de fond ni les débats qui agitent la société. Ce blog se propose de fournir des clés de lecture, analyses, prises de position sur tout ce qui concerne nos quotidiens, et qui sont autant de prétexte à faire de la géographie.
Nous avons reproduit ici le point de vue de Laurent Cailly, maître de conférences en géographie à l’université de Tours, membre du jury de l’agrégation externe de géographie sur la réforme de l’enseignement d’histoire-géographie dans les lycées, paru dans l’édition du journal Le Monde du 9/12/2009.
La ville de Tours est en train d’opérer le renouvellement de ses documents d’urbanisme ; ce qui devrait amener le futur PLU à remplacer l’ancien plan d’occupation des sols. Véritable expression des orientations politiques concernant les futurs grands chantiers d’aménagement sur le territoire communal, le Projet d’aménagement et de développement durable (PADD) fait l’objet actuellement d’une exposition dans la cour de l’Hôtel de Ville.
C’est avec une certaine appréhension et un vrai plaisir que nous avons rencontré Roger Brunet cet été. Le cadre de la guinguette de Tours-sur-Loire était le plus propice pour ce moment savoureux et détendu. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions…
Haïti souffre actuellement d’une crise de famine terrible, et risque, d’ici quelques semaines, d’avoir épuisé toutes les denrées alimentaires en stock. La population haïtienne, est aujourd’hui réduite à se nourrir de galettes d’argile cuites au soleil après avoir été mélangées avec quelques grammes de beurre et du sel. Comment en sommes nous arrivés là ? Comment une population peut elle en être rendue à se nourrir de la terre plutôt que de la production issue de cette même terre ? Comment ce pays, autosuffisant jusqu’aux années 70, a-t-il pu basculer dans la dépendance, à l’importation, mais surtout aux dons des organisations humanitaires mondiales?
Le potentiel agricole de la Terre suffirait à nourrir 12 milliards d’hommes, pourtant 923 millions d’entre nous sont sous alimentés et deux milliards vivent avec de lourdes carences. Là où la nature ne semble en rien expliquer la sous alimentation, ce sont bien d’autres logiques qui s’expriment. Le développement est souvent dépendant de la capacité qu’ont les hommes à se nourrir. La géographie de l’alimentation à l’échelle mondiale permet de saisir la complexité des rapports des deux côtés d’un axe statistique Nord-Sud, et de dégager les enjeux entre acteurs économiques, politiques et sociaux qui interviennent dans la question alimentaire.
La géographie, ça sert à comprendre ce qui se passe autour de nous. Ca sert, aussi, de manière sans doute trop subtile, à étudier tous les processus d’appropriation de l’espace, par les sociétés humaines. Il est un évènement qui s’est déroulé hier soir dans les rues de Tours que nous ne pouvons nous empêcher de décrypter.